hujan - Julien Coquentin
     
hujan
Sais-tu que je commence à prendre goût au Sarawak ?
J’imagine ta moue de circonspection.
Lorsque j’ai atterri à Kuala Lumpur il y a deux semaines, l’odeur des lieux m’a semblé odieuse, mélange de fumet de poissons séchés et de pétrole. Tu connais ma sensibilité olfactive et ne sera donc pas surprise, comme si je tenais du chien en ce domaine.
Mais à présent que l’odeur m’a comme qui dirait imprégné, elle compose une harmonie avec les lieux qui m’est familière. Quelque chose de tout à fait nouveau mais en même temps que j’ai la sensation de connaitre depuis toujours, comme si mon étrange existence ici dévoilait une part de ce que j’ai de plus précieux et serait restée dissimulée jusqu’alors. Sans doute que l’absence de contrainte et la liberté dont je jouis ici ont leur responsabilité dans cet état, mais je ne peux m’empêcher de croire que se sont bien les éléments qui composent cet endroit qui ont réussi à me découvrir.
Top